
11 participants pour 311 m de dénivelé cumulé, pour 11 km de distance et 4 heures de marche sur routes forestières.

Depuis quelques randonnées nous rencontrons des arbres remarquables, dont dernièrement un pin lyre. Ceci n’a pas été sans rappeler à Chantal H. : un livre de Giono : « Serpent d’Étoiles »
» Serpent d’Étoiles » de Giono page 35
Césaire respira les quatre coins du ciel.
– il fait du vent, il dit, il fait notre vent, berger, on va pouvoir jouer.
Au vif de la lune, dans ce rond d’herbe courte que le bois embrassait, un beau pin lyre dressait ces deux troncs. Comme on approchait, l’arbre se mit à chanter d’une voix qui était à la fois humaine et végétale. Je vis qu’on avait asservi les deux cornes de l’arbre par la traversière d’un joug creux ; on avait tendu neuf cordes du joug au pied de l’arbre : ainsi il était devenu une lyre vivante, à la fois de l’ample vie du vent, de la sourde vie des troncs gonflés de résine et de la vie toute saignante de l’homme.
Le berger toucha les cordes pour en doser la force. On entendait tomber ces sons, en bas dessous, en plein maquis, et les feuillages grondaient comme sous les larges gouttes d’un orage. Enfin, le berger s’adossa au grand tronc recourbé, il étala ses mains au plein le des cordes et il attendit le vent.
On l’entendait: au delà des vallées, les larges plateaux sifflaient déjà, sous lui comme un fer qu’on trempe ; il arriva.
Il arriva et, tout aussitôt, du haut du palier de la colline, s élança le chant aux trois vies. L’arbre tout entier vibrait jusque dans ses racines et du large emplein de ses doigts l’homme serrait les rênes au beau cheval volant : tout le ciel ruisselait au travers de la lyre. Alors, une grêle d’oiseaux tomba de la nuit et, comme des pierres en marche, les moutons se mirent à monter à travers bois.