
« Merlette…, Les Marches » vues par les Raquettes des randonneuses.😉
« Quelle joie, cette sortie raquettes », se réjouissent les cinq paires partantes pour cette rando du côté d Orcières en ce début de matinée.
« Merlette… » Quel racket! » jurent en choeur les TSL, de retour sur le parking. »Tu te rappelles qu’au départ nous étions rudement heureuses de ne pas devoir marcher sur la route déneigée »
On nous avait attachées, ficelées, ligotées dans les attaches des sacs à dos.
Agréable de ne pas se mouiller les tamis et les griffes dans cette neige matinale avec des températures encore fraîches.
Et les sangles, avec leurs doigts engourdis, elles nous les maltraitent, faut voir! Quant aux cales, avec leurs grosses chaussures parfois boueuses, regardez comment elles nous les salissent. Mais bon, elles nous transportent, nous portent et avec elles c’est à chaque fois une nouvelle aventure.
Et cette herbe moche, décolorée, tassée par les chutes de neige de l’hiver et cette gadoue qui dégouline… Non, vraiment ce début de parcours, au sec, au chaud, avec une belle vue sur les massifs environnants, c’est top pour nous qui sommes toujours au ras des pâquerettes, quel bonheur ! »

Et puis c’est tellement drôle de les sentir moins assurées au moment où leurs chaussures passent dans nos sangles et qu’ elles font des pas hésitants pour trouver la stabilité, le bon écartement etc. Chabane, un bel endroit de villégiature à gauche se dessine et en levant le nez vers la droite on voit les façades des chalets des Marches. « Comme il doit faire bon à se sécher sur ces terrasses exposées au sud après la rando » se disent à mi-voix nos raquettes.
On dépasse la ferme pour emprunter un chemin enneigé qui s’élève doucement en lacets et là on s’agite parce qu’on a envie d’en découdre avec ce beau manteau blanc. Mais non. Je les entends échanger » C est bon, la neige est correcte » pour se satisfaire des seuls godillots. « Plus tard on mettra les raquettes ». Oui bien sûr mais là on commence à en avoir assez d être ballotées de droite à gauche. Nous, on a envie de la poudreuse, de la fraîcheur de la neige, du contact.


« Pour l’instant, on n’est toujours pas mouillées » glisse malicieusement, l’une des paires. En montant, le chemin s’est élargi, la couche de neige a recouvert la largeur du sentier mais les randonneuses poursuivent leur avancée sans se préoccuper de nous…
Enfin un arrêt ! Ça y est qu’on se dit. On va nous libérer. Ben non. Elles ôtent une couche de vêtements et la glissent dans le sac. Tiens du coup, on est encore plus serrées qu’au départ. Et on a encore plus chaud, nous!
Elles marchent, elles marchent, parfois papotent mais aucune attention à notre égard. Quelle ingratitude! Elles ne nous entendent même pas gémir, nous contorsionner pour tenter de détendre les laçages serrés, tout occupées à reconnaître les sommets, les vallées.

Aux hameau des Marches, là une vraie halte. On espère sortir des sacs comme les bananes, les gourdes et les pâtes de coing de Chantal…Eh ben non, on y reste dans le sac! Car là c’est trop pentu ! Et l’animatrice a montré un poteau électrique. Ce sera la fin de l’ascension et le pique nique un peu plus loin.
Les vieilles pierres des chalets du hameau réchauffent nos coeurs dégoûtés. La vue sur la vallée du Drac est époustouflante et ces terrasses si bien exposées au sud…
Dépassant le hameau, nous voici sur un chemin plat. On aperçoit un peu plus haut les télésièges de la station d’Orcieres Merlette. Dans ce paradis blanc, pas un bruit, pas de présence humaine. Seules quelques traces d animaux marquent ce territoire. Mais peu de chance d’entendre la neige crisser sous nos tamis…

Le banc repéré lors de la reconnaissance n’est pas au rendez-vous. On a dû emprunter un chemin un tantinet plus haut et du coup on se pose sur le bord d un talus avec un point de vue superbe sur le Drac.
« C est pas maintenant qu’on va mettre le nez dehors » s exclament les raquettes » Et comme on est déjà fin mars, va falloir se résigner à regagner nos housses, les étagères des garages où l’on nous entrepose pendant de longs mois ».

« Tiens j’ai un coup de cafard, dit une autre. Avec ce qu’elles racontent sur les aléas climatiques, pas sûr qu’on sortira l’an prochain. Ça existe les raquettes d’été pour se recycler ? ».
Le pique nique achevé, on amorce le retour par une belle descente qui nous mènera dans la station de Merlette.
Route dégagée, chemins où la neige a fondu… »Faut se résigner » conviennent-elles.
Des Raquettes grincheuses
Des Randonneuses heureuses.
Merci Chantal.😉
Texte de Joëlle B Photos de Joëlle et Yvonne