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Séjour Polenta : c’est l’histoire d’une promesse… et d’une polenta !

JOUR 1

Retour sur un séjour « Tour du Mont Viso », en septembre 2025, organisé par Sentiers 05 et RandoCaturige de Chorges.

Jean-Émile, animateur de Chorges et homme manifestement sûr de ses sources, promet au groupe la plus fabuleuse des polentas italiennes. Destination : le refuge de Pian del Re.

Seulement voilà… au refuge, point de polenta !

Jean-Émile, tout penaud, mais aussi quelque peu titillé par une randonneuse qui n’a visiblement pas l’intention de laisser passer l’affaire, finit par lâcher la phrase :

« L’année prochaine, je vous la commande ! »

Et comme, dans la montagne, on n’oublie jamais une promesse… nous voici un an plus tard, les 1er et 2 septembre 2026, pour le « Séjour Polenta »

JOUR 1

Au départ de La Roche Écroulée, ils sont huit messieurs et cinq dames de Sentiers 05 et de Rando Caturige, tous alléchés par la perspective d’une authentique polenta italienne.

Christian, tel un métronome parfaitement réglé, donne le tempo sur un sentier bien tracé. 

Pas à pas, le groupe se dévoile.

Les blagueurs se reconnaissent immédiatement et… blaguent.

Les moulins à paroles se mettent en route et fonctionnent à plein régime. .

Les contemplatifs, eux, s’émerveillent devant ce décor majestueux.

Quant aux besogneux, ils se concentrent sur leurs pas.

Tout ce petit monde progresse néanmoins dans une remarquable harmonie.

Nous arrivons au tunnel de La Traversette, à près de 2 900 mètres d’altitude.

Creusé entre juin 1479 et novembre 1480, il avait pour objectif de relier la Provence au Dauphiné et de sécuriser la route du sel extrait des salines de l’étang de Berre.

A l’époque, la galerie était dimensionnée pour permettre le passage d’un mulet bâté et d’un homme courbé. Ce tunnel est considéré comme la première percée alpine.

Fermé, rouvert, puis refermé à plusieurs reprises au gré des soubresauts de la grande Histoire, il a finalement été rénové en 2014 et rendu accessible aux randonneurs.

Aujourd’hui, plus de mulets plus d’hommes courbés, plus de sacs de sel.

Juste des randonneurs et randonneuses équipés de téléphones portables et de lampes frontales qui affrontent courageusement l’obscurité du tunnel.Nous voici en Italie, le groupe s’éparpille joyeusement en direction de Pian del Re. Après les efforts de la journée, une question cruciale nous taraude : la promesse gastronomique sera-t-elle tenue ?

19 h 30. Fébriles, affamés, nous mettons enfin les pieds sous la table. Quelques minutes de suspense… puis elle arrive !

Et là, bonheur : deux immenses plats font leur entrée, chargés d’une polenta si onctueuse, si fine, si délicate qu’on se demande un instant si nous sommes encore à table ou déjà au paradis. La polenta est généreusement accompagnée de sauce au gorgonzola, de ricotta fraîche, de confiture de pêche et de petites saucisses fondantes.

Tout glisse dans nos palais, chatouille nos papilles, titille nos glandes salivaires… Un festival ! Une symphonie ! Le tout arrosé de bonne humeur et de blagues qui se percutent d’un bout à l’autre de la tablée ! un troisième plat demandé est majestueusement déposé sur la table mais on commence alors à caler.

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JOUR 2.

Nos estomacs, encore bien lestés par la divine polenta de la veille, nous ont accordé une nuit paisible.

Au réveil, pourtant, pas de quartier : une rude journée nous attend. Devant nous se dresse une grimpette caillouteuse, chaotique, qui, vue d’en bas, paraît déjà impressionnante.

Mais nous ne savons pas encore que vue des souliers, elle sera carrément tuante ! Même les plus bavards font silence ( enfin pas tous ! ).

Petite pause au refuge Giacoletti.

On souffle, on boit, on reprend des forces et on prend le temps de contempler avec une certaine inquiétude la suite du programme, Le coulour del porco !!

Trois groupes sont formés pour partir successivement à l’assaut de cette paroi rocheuse des plus impressionnantes.

Et c’est parti !

Des chaînes en guise de mains courantes, des barreaux solidement scellés dans la roche : pendant près de 200 mètres de dénivelé, tout est prévu pour nous aider à grimper dans ce couloir étroit qui devient progressivement de plus en plus vertical et de plus en plus aérien.

Très vite, un nouveau mantra accompagne notre ascension :

« Pousse sur tes jambes… respire… tire sur les bras… souffle… pousse sur tes jambes…respire… »

Enfin, le col !

On arrive, on souffle, on se retourne… et là : « Quoi ? C’est déjà fini ? » et la pression retombe.

Il ne reste plus qu’à redescendre vers le lac de Porcieroles.

Mais les cailloux ne sont ni alignés, ni rangés, ni coopératifs. Ils roulent, glissent, se dérobent sous les chaussures. Grands écarts, bras en balancier et parfois quelques figures artistiques pour les moins doués.

Enfin, le lac !

On se restaure, on reprend des forces et surtout, on se convainc que les douze derniers kilomètres seront une formalité.

La descente se poursuit alors tranquillement, ponctuée de blagues, d’échanges, de silences contemplatifs et de ces petits moments de partage qui font tout le charme d’une randonnée.

Puis apparaissent enfin les voitures.

On se regarde, on sourit, on est heureux, on se félicite et on pousse même la chansonette.

C’est la fin de cette belle aventure.

Une belle aventure faite de montagne, d’efforts, de paysages magnifiques, de convivialité et d’une promesse de polenta tenue !

Alors merci à Sentiers 05 et à Rando Caturiges pour ces deux journées mémorables.

Texte Danielle Photos Yolande, Michelle, Jean Émile, Juliette, Jacques et Christian

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Témoignage de Jacques : un invité

Traversette, Pian del Rei, Col du Porc…c’est dans la poche.

Il fallait de la motivation pour rejoindre le refuge italien de Pian del Rei depuis la Roche écroulée pour manger une simple polenta.

Mon ami Christian avait mis le paquet pour me vendre le projet : « Là-bas ils font la meilleure polenta d’Italie, tu vas marcher au pied du Viso (3841m) sommet des sommets pour les Italiens, tu verras la source du Po et celle du Guil, tu monteras presque à 3000m au col de la Traversette et tu emprunteras un tunnel creusé au 16ème siècle pour traverser sur l’Italie.Toi le vertacomicorien* tu vas découvrir un coin magnifique et rencontrer les marcheurs sympathiques, passionnés et increvables de Gap et de Chorges. »

La personnalité de Christian, son charisme, sa tranquille assurance qui distille en douceur la confiance, vous le conviendrez, nous pousse sans heurt et sans contrainte au dépassement de soi. J’adhérais, enthousiaste, rapidement au projet.

Il avait évité de me parler de la raideur des montées, des descentes délicates dans une caillasse instable, des câbles et échelons métalliques pour accéder au col du porc et de quelques passages gazeux. Uniquement, j’ose l’espérer, parce qu’au cours des nombreuses randonnées partagées dans ma vallée d’origine, le Valgaudemar, je m’étais honorablement comporté.

Ma décision fut la bonne. J’ai passé 2 belles journées qui feront partie de mes beaux souvenirs de montagne. Immergé dans une nature belle, austère et sauvage en compagnie de marcheurs fort sympathiques.

Je retiendrai de ces 2 jours :

Côté météo, un beau soleil qui nous a permis d’admirer le Viso tout au long de notre randonnée. « Tu as de la chance » m’ont dit les habitués, « le Viso est souvent dans les nuages ».

Coté émotion, le chant à capela de l’homme au béret basque en hommage à un compagnon disparu .

Coté trait d’esprit, la répartie d’un groupe de jeunes filles croisé que nous avions taquinées. Avec un grand sourire ironique l’une d’elle nous a balancé « et bien vous n’êtes pas à l’école ! » Une pique qui nous a rafraîchi mais laissé baba.

Coté partage, la découverte au fil de la marche de personnalités attachantes, amoureuses inconditionnelles de la montagne. La marche et le tutoiement déliant les langues comme dans mon club de Villard de Lans on papote, on papote, sur des sujets les plus variés allant des bienfaits de la prothèse de genou jusqu’au au sens de la vie. Les dames surtout ! Et bien non contrairement à l’idée reçue les hommes ne sont pas les derniers à témoigner de leurs expériences et donner leur point de vue.

Côté humour, la montagne de blagues de notre homme au béret où il est question d’oreilles qu’on tournicote, d’un curé et d’un bedeau malicieux.

Côté effort et engagement, une belle et longue randonnée avec quelques passages où il fallu sortir les mains des poches (petite allusion à notre cher Christian qui défie régulièrement en montagne les lois de l’apesanteur en promenant sa grande carcasse mains dans les poches d’un pas métronomique), une descente dans la caillasse qui a nécessité concentration, détermination et un bon pied montagnard.

Côté organisation : un sans faute avec des animateurs attentifs et bienveillants qui ont assuré la sécurité et le succès de cette randonnée avec bienveillance et fermeté. Encourageant, rassurant, épaulant ils ont géré et ramené à bon port notre groupe de 13 marcheurs.

Côté hébergement : Un 5/5 pour le refuge de Pian del Rei. Un apéritif offert, une excellente polenta, un petit déjeuner copieux, des douches chaudes, des lits confortables et surtout une efficace et charmante serveuse.

Côté gestion des incidents un bilan plus qu’honorable :

Randonneur égaré : 0 Randonneur accidenté: 0 Randonneur découragé : 0 Bisbilles :0 Incident matériel : 1.

Une semelle qui se décolle. Incident rapidement et provisoirement adressé par la pose d’un bandage de scotch et définitivement réglé par un aller retour au village italien le plus proche pour acheter une paire d’Asolo au meilleur prix .

Merci aux animateurs et marcheurs de sentier 05 et Caturige pour m’avoir permis de vivre ces beaux moments en montagne.

Jacques le Vertaco

*Vertacomicorien : Ancienne peuplade qui à donné son nom aux habitants du Vercors.

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Le Programme proposé par Jean Émile (de rando caturige) et Christian(de Sentiers05) était :

1er jour La Roche Écroulée Pian del Ré, par le col de la Traversette
Effort 5 Technicité 3 Risque 2
15.70 km pour un dénivelé de 1360 m (altitude 1810m / 2935 m)
En allant au col de la Traversette, en passant par le tunnel et en faisant en redescendant un crochet
par le col Armoine.

2ème jour Retour Pian del Ré, la Roche Écroulée
Effort 5 Technicité 4 Risque 4
14.95 km, pour un dénivelé de 960 m (altitude 1810 m / 2925 m)
SEULEMENT SI ET SEULEMENT SI : BEAU TEMPS ET PAS DE NUAGES
SI NON RETOUR PAR L’ITINÉRAIRE DU 1er JOUR

En quittant Pian Del Ré, direction le Refuge Giacoletti
(avec quelques marches métalliques, après le refuge un peu de rimaille puis on arrive au couloir, au
niveau des câbles (des chaînes en l’occurrence) (environ 200 m) puis on arrive au passage du Porco,
un grand éboulis, une échelle métallique d’une vingtaine de marches
et l’on arrive au lac de Porcieroles
Puis Refuge du Viso, puis la roche écroulée (15km)


Les randonnées prévues SEMAINE DU 05 au 11 octobre 2026 *** MARDI 06/09 - Randonnée proposée par Christian R. et Gilbert - CABANE DE FONTRENARDE AU DÉPART DE RÉALLON STATION - Appel ou SMS (entre 17 et 19h) la veille à Gilbert au 06 47 41 95 42 ou à Christian au 06 95 27 74 89 *** JEUDI 08/10 - Randonnée proposée par Chantal S. - CRÉVOUX - PARCOURS DES FEÉS - LA CHALPES - Appel ou SMS (entre 17 et 19h) la veille au 06 31 03 58 64 *** DIMANCHE 11/10 - Randonnée proposée par Yolande S. - LE COL DU CENDRIER DEPUIS LES INFOURNAS - Appel ou SMS (entre 17 et 19h) la veille au 06 60 49 52 06 *** Bonnes randonnées, Sonia.
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