
Eh oui, Sentiers 05 marche en toute occasion, par pluie, neige, vent et brouillard, canicule et bourrasques. Et même le 14 juillet.
Ce n’est pas une marche militaire et commémorative qui nous est proposée mais une rando douce, ombragée et rafraîchissante puisque longeant un torrent, la Sèveraissette. Après avoir quitté le village, on monte en empruntant un sentier herbeux, lit de l’ancien canal d’irrigation de la Motte en Champsaur. Je suis toujours admirative de ce patrimoine local laïque qui visait à assurer la survie des hommes et des troupeaux. Ces canaux, ces fours banaux, ces espaces communaux laissés aux troupeaux pour y paitre et assurer le débroussaillage nécessaire aux repousses futures. Ces systèmes ingénieux, économes, respectueux de la nature des lieux, construits avec des matériaux prélevés sur place ou récupérés. Et ces appareillages rustiques mais solides que sont les parets qui retiennent les terrains tout en dessinant une variation architecturale dans ces paysages sauvages et souvent abandonnés. La rando est abritée sur des sentiers protégés par des mélèzes, des sapins et des hêtres. Un luxe en ces temps de fortes chaleurs. Comme la marche est aisée, mon esprit vagabonde et je me surprends à faire de la toponymie alors que d’autres herborisent ou s’émerveillent devant les nuées de papillons d’une grande diversité de forme, de taille et de couleurs.


Je disais donc « toponymie ». Je déteste marcher idiotement ! La Motte-en-Champsaur, La Motte du Caire, Molines en Champsaur, Molines en Queyras et puis ce chemin pas très loin de chez moi dit « Chemin de Molines ». Pour Molines je n ai pas d’hésitation. L’étymologie me semble évidente même si les moulins n’égayent plus les chemins. Pour la Motte, je me doute qu’il s agit d’un promontoire, d’une butte, d’un tertre. Mais « Motte » c’est péjoratif à mes oreilles de Haute Alpine, on peine à croire qu’ici, il y ait des mottes…Pour moi, ça évoque l’habitat des taupes, des marmottes. Enfin notre Motte du jour se grimpe sans difficulté jusqu’à un alpage où des bergers d’Anatolie veillent sur un troupeau. Notre animateur du jour, Christian, avait pris soin de s’assurer que ces colossaux vigiles ne sortiraient pas de leur enclos à notre passage. Ils se contentent de nous saluer par quelques aboiements sans conséquence. Ouf !
On franchit la Severaissette sans difficulté car le torrent est quasiment à sec aujourd’hui. A d’autres moments de l’année, c’est un torrent tumultueux infranchissable à l’endroit de notre passage actuel. Nous poursuivons notre chemin et comme la troupe (eh oui, pour un 14 juillet, j’ai osé ! ) a bien marché, nous parvenons sans fatigue au lieu du pique-nique avec une belle avance. Installés en pente douce, à l’ombre, chacun entam son repas avant d’amorcer la descente qui nous ramènera à nos véhicules. Celle-ci s’effectuera sur la route partiellement et permettra d’observer le bocage champsaurien qui s’étend au Est du massif du Dévoluy .






Photos des Papillons : Roseline
Une rando douce en cette énième journée de canicule.

7 km pour 125m de dénivelé. Altitude max 1165m. Altitude mini 1125m
Texte Joëlle Photos Christian et Roseline